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Pastiche et mise en pages
Un « inédit » de la marquise de Sévigné
à propos de Sherlock Holmes (ou l’inverse…)



Janvier 2001
Composition en Bernhard Modern, corps 11,5
Format  12 × 15
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Le texte des huit pages présentées ici m’a été envoyé par Sébastien Canevet, le spécialiste bien connu de Sherlock Holmes, responsable du site Web Les dix-sept marches (http://www.sherlock-holmes.org/).

Ces Lettres m’ont bien fait rire… Elles ont aussi été pour moi l’occasion d’un petit exercice de style, à mi-chemin de la typographie invisible et de l’utilisation de la mise en pages pour influencer la lecture d’un texte.

Il s’agit d’un pastiche, dont l’argument pourrait être ceci : le divin Sherlock n’est pas une invention anglaise, mais le piratage d’un vieux thème littéraire français, lancé par la marquise de Sévigné dans sa correspondance. Le texte s’accompagne d’un appareil « savant » démontrant la thèse par le menu, et d’un autre appareil la démontant !


Pastiche de la Marquise, et au second degré du ridicule pédantesque de certains holmésiens (jusque dans la capitalisation totalement abusive et grandiloquente de certains mots…) : il me fallait en faire aussi un pastiche, et puisqu’il s’agit ici d’une soi-disant « édition rare », j’ai voulu réfléchir à ce que pourrait être le pastiche d’un petit ouvrage de bibliophilie.

Outre les problèmes de format et d’empagement (ce dernier étant, classiquement, basé sur le Nombre d’or), l’effet recherché est, me semble-t-il, atteint grâce à l’emploi du merveilleux Bernhard Modern, ici en corps 11,5. La délicatesse du tracé de ses lettres, sa beauté intrinsèque, alliées à son aspect humoristique et un peu « précieux », emphatique (aspect bien illustré par ses ascendantes démesurées) servent impeccablement mon dessein. Le caractère rend plus savoureuse la lecture d’un texte en lui-même succulent…

Pour le colophon, j’ai employé l’ahurissante version condensée de la police (voir également la page consacrée aux colophons).

Les indispensables décorations et mignardises ont été tout simplement trouvées dans des polices de dingbats : Whirligig d’Emigre et DecorationPi de Linotype.

On notera que le Bernhard Modern n’a pas de chiffres elzéviriens. Lorsque j’en avais besoin (pour les dates, heures et folios), j’ai utilisé ceux de Mrs Eaves, une reprise modernisée et parodique du Baskerville. Leur dessin m’a semblé compatible avec celui de Bernhard Modern, leur œil et leur graisse l’étaient également, moyennant leur utilisation en corps 10 au lieu du corps 11,5 du texte courant.

Reprenant ce travail après plus d’un an, aux fins de sa mise en ligne, je m’aperçois de deux écueils, l’un plutôt négatif et l’autre au final assez réjouissant.


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