
Juillet 2003
Composition en Auriol, corps 11,5
Format : 14,2 cm * 20,8 cm
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Auriol (nom de lauteur) et Raphael (titre de louvrage) |
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Remarque complémentaire : Georges Auriol voulait réellement dessiner une police de labeur. Mais la version numérique (Adobe)
de la police est calquée sur un grand corps (vraisemblablement
le corps 48, destiné à lannonce et à la titraille…), et ne respecte
ni le dessin, ni la métrique des corps 10 et 12 de la police dorigine.
En somme, jai travaillé, bien obligé mais sans le savoir, non
pas avec un supposé « Auriol labeur », mais avec un bien réel « Auriol titrage »…
Pour la couverture, jai voulu changer de style et risquer ma
chance avec du Raphael, une police gentiment déjantée, à lauthenticité
douteuse et au dessin farfelu. Les embossages et les reliefs sont
un hommage aux ébouriffantes couvertures gaufrées des supposés
« best-sellers » qui parsèment nos plages lors des mois dété.

Le colophon est bien plus quau carré. Il recèle aussi une petite
énigme : au lecteur et à la lectrice de deviner laquelle (on ny
gagne pas grand-chose, hormis mon admiration éternelle !)
Techniques et fariboles
LAuriol en version numérique na pas de chiffres elzéviriens :
jen ai dessiné un jeu (en vitesse, et sans doute plutôt mal que
bien), rectifiant au passage et dans Fontographer quelques paires
dapproches et allongeant la barre horizontale du « t », si courte
dans la version originale que cette lettre semble toujours être
un « l ».
Pour compenser la perte de graisse des petites capitales, jai
créé une police demi-gras (par interpolation des versions standard
et bold). Jaurais pu directement dessiner ces petites capitales,
mais ça ne ma pas paru nécessaire.
Comme dans beaucoup de polices dues à des fondeurs américains,
la valeur de lespace de lAuriol numérique est beaucoup trop
grande : je lai diminuée dans le logiciel de composition (XPress).
En revanche, il ma semblé indispensable dinterlettrer fortement
le texte, pour laisser respirer chaque lettre et rendre la lecture
plus facile. De même, linterlignage est ici plutôt grand, ce
qui nest pas dans mes habitudes ; mais lAuriol est si gras quavec
un interlignage plus petit, les pages auraient été dune densité
de gris probablement insupportable.
Le format des pages et lempagement ont été décidés de chic, après de nombreux dessins et essais
à partir du Nombre dOr, du canon de Honnecourt, de celui des
imprimeurs. Rien ne fonctionnait vraiment, et jai une nouvelle
fois décidé de men remettre à mon intuition, en équilibrant les
masses de gris et de blanc à laide de lœil et de la main (cest
par hasard que jarrive ici à un format de papier proche du A5).
Depuis un petit bout de temps (depuis Hermès dévoilé, je crois), les formules classiques dempagement ne me conviennent
plus. Certes, elles sont si fiables quelles permettent de ne
jamais se tromper. Mais elles ne déroutent pas le lecteur, ou plus exactement elles ne le mettent pas sur
la bonne route, ni ne valorisent le texte dans la double page…
Je nai pas dexplication à ce phénomène qui mest entièrement
personnel.

Vignette en Auriol Flowers
pour la quatrième de couverture
Car il y en a que ça intéresse…
Si, si, il y a des gens friands de détails sur les manières de
faire. Alors, en voici quelques-unes :
Format de page : 14,2 * 20,8 cm.
Colonne : 9,13 * 14,3 cm.
Texte en Auriol, corps 11,5, interligné 14,5.
C&J du texte courant : espace minimale : 85 %, optimale : 90 %, maximale : 95 % ; interlettrage
minimal : 3 %, optimal : 4 %, maximal : 7 %.
[1] Francis THIBAUDEAU, La Lettre dimprimerie et 12 notices illustrées sur les arts
du livre, préface de Georges Lecomte, Le Bureau de lédition, Paris, 1921,
et Manuel de typographie moderne, Le Bureau de lédition, Paris, 1924.