Recherche
sur le site

Ceux que ça intéresse
trouveront ici
mon CV
Abonnement
au flux RSS
Site sous licence Creative Commons (BY-NC-SA)


Les Vœux 2009
d’Éric Angelini

Pour ma Mieux-Aimée, qui sait comme
aucune autre faire surgir le bonheur.

« Pour le typographe, le plaisir qu’il y a à voir
et à utiliser de nouveaux caractères bien dessinés
est égal à celui qu’éprouve le chef d’orchestre ou
le compositeur en présence de nouveaux instruments. »

Karen C
HENG, Design Typographique, Paris, 2006.


Il est parfois des travaux qu’on a faits, et qu’on reçoit en même temps comme de magnifiques cadeaux…

Ainsi les Vœux 2009 d’Éric Angelini (vœux chaque année plus complexes et plus somptueux, chaque fois plus ironiques, toujours plus mystérieux) dont il m’a fait, fin 2008, le grand honneur et l’immense amitié de me confier une partie de la réalisation.


Cliquer ici pour afficher le livret
et le feuilleter en grand format…
Et cliquer ici pour télécharger son PDF.

Il s’agissait de typographier un livret de 68 pages, faisant lui-même partie d’un dispositif complexe : une enveloppe dans laquelle on trouvait une autre enveloppe avec dedans, entourés d’un ruban noir : un « papier magique » allant de huit à neuf, une mystérieuse carte sans routes en trois volets, allant de Bonn (Allemagne) à Anhée (Belgique) — le tout imaginé et réalisé par la graphiste Wendy Prower, qu’elle en soit bénie à jamais ! — et enfin ce petit livre composé de courts textes autour de la notion de carte, de cartographie, de cartographes, de géographes, de voyageurs, enfin bref, autour d’un imaginaire de territoires labyrinthiques, rêvés et vagabonds.


La carte en trois volets A5 de Wendy Prower
allant de Bonn à Anhée. Composition en Gotham,


Éric Angelini m’avait donné toute liberté d’inventer ce que je voulais pour mettre en pages son livre de vœux, hormis bien entendu le choix des textes et des illustrations, le format (du A5) et une sorte de « chemin de fer » (l’équivalent pour le maquettiste de la table des matières d’un ouvrage) auquel je ne devais pas déroger.

Dos du livret.
Œuvre de Michaël B
ORREMANS :
Trickland, 2002,
Texte d’Héraclite.
Couverture du livret.
Œuvre de Mel B
OCHNER :
If/And/Either/Both (Or), 1998.
Décembre 2008.
Format A5, composition en Scala corps 9, 10,7 et 12,
Fedra corps 9 et NewAthena corps 11.
Cliquer ici pour télécharger le PDF du livret.

Les traits de construction du tracé régulateur
selon Honnecourt
(en vert) déterminent
le bloc d’empagement (en bleu).
Ici, le principe est subverti, pour respecter
l’harmonie de cette page un peu vide.
Tout s’est mis en place, comme dans un rêve et presque sans que je le veuille…

— L’empagement très rigoureux, selon la méthode classique de Honnecourt (voir à droite) — mais largement subvertie, parce que les hauts et bas de texte n’obéissent ici au tracé régulateur d’origine que pour les pages pleines, et pour le reste plutôt à l’esthétique de chaque page, à son équilibre optique, à l’inspiration du moment…
Bref : ils obéissent à l’évidence.

— La police ScalaSans, une élégante linéale humaniste dessinée par Martin Majoor, pourvue de vraies italiques, de petites capitales et de chiffres elzéviriens, qui vient ici (presque paradoxalement) servir des textes généralement très littéraires — accompagnée de sa « grande sœur » à empattements, le ScalaSerif, pour les noms des auteurs et les ouvrages cités :
Deux exemples de composition
en ScalaSans (corps 10,7) et ScalaSerif (corps 9).
Interlignage: 12,5.

— Le Fedra, de Peter Bilak, pour le hors-texte de la page 19 :
Composition en ScalaSans
et, juste en-dessous, en Fedra.

— La police NewAthena, une police grecque polytonique de Donald Mastronarde qui a su, moyennant quelques adaptations (force de corps, étroitisation…) s’harmoniser, rythmique et forme des lettres, avec les autres textes ;
Composition en NewAthena,
ScalaSans et ScalaSerif.

— Les dialogues entre pages, lorsque celles de gauche étaient également imprimées :

Les pages 54 et 55 :
textes de Jules V
ERNE & Laurence STERNE, en répons…

— Le colophon si délicat, où les césures sur les noms propres m’étaient naturellement interdites — ce qui générait des lignes trop blanches, « lavées », qu’il a fallu travailler une à une et m’a même amené à demander à l’auteur, Éric Angelini, de récrire légèrement son texte pour éviter un « trou » dans une ligne… ce qu'il a naturellement accepté :

Le colophon de la page 61.

— Les lettrines de certaines pages, parfois inhabituelles et cavalières :

À gauche : une lettrine « normale ».
À droite et en réduction :
quatre exemples de lettrines
qu’il a fallu » arranger »
en fonction du texte.

— Le réglage de certaines petites capitales, lorsque leur emploi pouvait paraître drôlatique et démesuré :

Les noms de lieu,
en petites capitales, page 49…


— Et jusqu’à une esperluette, que j’ai redessinée au vol pour la rendre plus fluide et plus naturelle :

À gauche, l’esperluette
de la police ScalaSerif.
À droite, « ma » version
de cette esperluette.


En une semaine, quinze jours au plus, j’ai pu livrer le travail à son auteur.


Retour au sommaire :